S’exprimer, une liberté qui cesse aujourd’hui d’être virtuelle

Quand cela s’est-il produit ? Nul le sait. Entre la fin du dernier millénaire et le début de celui-ci, sans doute.  Quel fut le déclencheur ? Wanadoo, Microsoft ? Non, je rigole.  Si la deuxième entreprise est passée complètement à côté du sujet en essayant de promouvoir ses propres protocoles et en se raccrochant piteusement aux branches de l’Internet quand celui-ci s’est développé, reconnaissons à la première d’avoir participé, comme d’autres, à l’essor de l’Internet domestique en France. En faisant sur le dos des consommateurs des profits scandaleux.

Mais je m’égare. Revenons à cet événement. Près de la moitié de la population mondiale, nous dit-on, accède aujourd’hui à Internet, autant aujourd’hui sur des terminaux mobiles que sur des postes fixes. De fait, ces citoyens de tous pays engagés dans un réseau mondial — ne comptez pas sur moi pour les appeler des usagers — accèdent aujourd’hui à l’exercice plein et entier, donc non virtuel, d’une liberté fondamentale, la liberté d’expression. C’est aujourd’hui que ça s’est passé, que ça se passe et que ça se passera encore demain. On disait cette révolution numérique technologique puis sociale puis mobile, elle apparaît aujourd’hui d’abord, en sublimant la liberté d’expression, comme le principal levier de l’engagement citoyen, comme le moteur de la révélation d’une nouvelle citoyenneté.

Il en résulte que chacun, à condition d’être en ligne, peut porter sa parole au-delà des vieilles barrières (les limites de la place du village, de la propagation du message sonore, du transport du livre ou de la missive) et la confronter au regard et à la possible critique d’un auditoire potentiellement universel.

Ainsi, les artistes, les créateurs, les designers, les architectes, les écrivains, les journalistes, les photographes, les blogueurs, les vidéastes… professionnels ou en herbe, peuvent montrer leur savoir-faire et porter leur œuvre, si modeste soit-elle, jusque dans le flux numérique. Ils ouvrent alors, ou non, la possibilité qu’elle soit modifiée, améliorée, pour le plus grand profit de tous.

Ainsi les jeunes, les élèves, les adolescents… peuvent apprendre à s’exprimer, avec peut-être l’aide et l’accompagnement de leurs parents, professeurs et éducateurs. Ainsi il devrait être possible d’apprendre la liberté d’expression, comme on apprend aujourd’hui à argumenter en cours de français avec une webradio, comme on apprend aujourd’hui à débattre et réfléchir avec des outils ou dans des espaces numériques.

C’est le message que nous avons porté, Delphine Barbirati et moi, lors d’un atelier, le 9 janvier 2017, à l’occasion du colloque « Cultures numériques, éducation aux médias et à l’information » à l’ENS de Lyon. Vous trouverez ci-dessous le diaporama co-construit.

C’est aussi le message que nous avons porté, Stéphanie de Vanssay et moi, le 25 janvier 2017 à l’occasion d’un atelier lors du colloque Eidos64 sur le joli thème, légèrement différent : « L’élève hacker de son apprentissage : savoir connecter ses neurones » en Béarn près de Pau. Idem, ci-dessous notre présentation commune.

Michel Guillou @michelguillou

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Crédit photo : Pixabay

Pour citer cet article : Michel Guillou, « S’exprimer, une liberté qui cesse aujourd’hui d’être virtuelle » in Culture numérique, 4 février 2017, https://www.culture-numerique.fr/?p=5809, consulté le 19 avril 2019
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2 commentaires sur “S’exprimer, une liberté qui cesse aujourd’hui d’être virtuelle
  1. Moi dit :

    C’est effarant comme vous délivrez à longueur d’articles tous les poncifs technocratiques les plus éculés, véritables marroniers de la culture numérique.
    J’en parle avec d’autant plus d’aisance que j’utilisais en 1984 des ordinateurs (musicaux) sur scène (un des 1ers en France), utilisait internet journellement en 1997, et faisait des photos numériques en 1998.
    Mais ces poncifs éculés mensongers, populistes, démagogues et flatteurs de “auditoire universel” “apprendre à s’exprimer” créations pour et par tous à tout va etc. Quand tous savent et voient les sempiternelles mêmes stars télévisuelles et médiatiques nous bassiner depuis 40 ans, de Drücker à Pernoud, de Duhamel à Johnny, de Giscard à Elkabach, de Renaud à …
    Et le numérique va changer ÇA ? Que ne l’a-t-il fait depuis 20 ans ? Ben oui internet c’est déjà si vieux…qui peut encore croire vos blablas de bateleur On entendait il y a 15 (QUINZE) ans ” internet va créer des MILLIONS d’emplois…Bla bla bla..AUTOROUTES DE L’INFORMATION.”
    Pour avoir 30 ans après 6 millions de chômeurs, Pujadas depuis des décennies et Renaud à France 2…
    Vous êtes un dévot du numérique et vous prêchez vos salades comme les vicaires dans nos campagnes en 1880 pour nous vendre leur paradis…
    Qui vous paie ?
    Ces discours sont votre fonds de commerce et vous devez naviguer dans le marigot des”Spécialistes (autoproclamés) des Technologies du Numérique de l’Information” qui d’amphid en Lycées, de plateaux TV en Forums vivent de cette denrée comme d’autres de la fabrication de l’Andouille.
    Chacun sa petite boutique…

  2. Moi dit :

    Corrigé plus bas. Et vive les smartfaunes et leurs claviers “virtueeeels’ :(

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Bon, après quelques modifications du code, la une semble reprendre forme humaine :)

Donc, la bière est pour moi. Tant pis !

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